Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 22:07

pochette RAM mccartney

La première fois que j'ai écouté Ram de Paul et Linda McCartney, c'était en 1981 ou 1982, j'avais douze-treize ans. La pochette m'avait toujours intrigué. On y voit Paul tenant un Bélier en noir et blanc sur un fond aux tons orange dessiné au feutre, de manière enfantine. Elle avait un côté éclatant et en même temps un aspect kitch indéniable. Aujourd'hui encore, je n'arrive pas à savoir si elle est sublime ou bien affreuse. Toujours est-il qu'elle attirait l'oeil et que j'avais hâte de l'écouter.

À l'époque, l'album était encore considéré par la critique comme un album mineur de Paul McCartney. Dénigré à sa sortie en 1971, encore qu'il fût n°1 au Royaume Uni et n°2 aux Etats-Unis, il n'a été réhabilité qu'à la fin du siècle, jusqu'à être considéré par certains comme l'oeuvre la plus aboutie de la carrière solo de McCartney. Je le pensais déjà en 1982. L'album n'a pas quitté la platine pendant des mois et des mois.

Je me souviens très bien des toutes premières secondes de découverte. L'album commence par Too Many People dont l'intro est une complainte pour le moins surprenante puisqu'il déclame « piece of cake » (morceau de gâteau). Miracle, avec mon niveau de cinquième en anglais, je comprenais les première paroles ! Est-ce que cette compréhension immédiate et inédite pour moi a créé d'emblée une connivence avec Ram ? Ce n'est pas impossible.

 


 

 

Qu'est-ce qui fait que Ram, alors que vient de paraître la version remastérisée accompagnée d'un CD de bonus fort intéressant, a été reconsidéré depuis quelques années à sa juste valeur ?

En 1971, Lennon avait déjà publié l'année précédente l'excellent Plastic Ono Band, album d'écorché vif, minimaliste, inspiré du cri primal. Ram, a cette particularité d'être un album gai, apaisé, et aussi d'un album d'amoureux, c'est le seul album paru sous les noms de Paul et Linda McCartney.

Le contraste était trop flagrant.

Ce qui plaît aujourd'hui dans Ram, c'est ce qu'on lui reprochait à l'époque. Il y a peu d'albums pop rock qui donne envie d'aller s'installer à la campagne à "écouter l'herbe pousser". Ram en fait partie.

De plus, le song writing et la voix de Paul sont à leur apogée. Lorsqu'il fait un blues, (3 legs), c'est un blues gai. Quand on écoute la mélodie de Dear Boy, on se demande où diable il a bien pu pêcher ça.  Long Haired Lady est une ballade qui mêle habilement  noblesse et ironie. Heart of the country est un bijou folk comme on n'en fait plus. Et je ne parle pas des structures alambiquées d'Uncle Albert/Admiral Halsey et du sublimissime The Back Seat of my car.

La comparaison avec les Beatles est inévitable. De par l’agencement de l'album, avec le titre quasi éponyme repris à l'avant fin (comme dans Sgt Pepper's) mais aussi par les constructions de chansons avec les outros propres à Paulo : la fin de « Ram on » la reprise fera d'ailleurs l'objet d'une chanson, Big Barn Bed, et celle The Back Seat of my car est tous simplement poignante.

Enfin, les choeurs acidulés et nasillards de Linda, souvent surprenants, apportent vraiment une couleur singulière à l'album. Elton John considérait à ce propos que Linda McCartney était la meilleure choriste au monde. Ce en quoi il exagérait sûrement, mais c'était la meilleure choriste de Paul.

Il faut profiter du très bon travail de remasterisation qui a été fait sur Ram pour le réécouter avec les beaux jours qui pointent. C'est indéniablement un album printanier, au fond aussi coloré que sa pochette.

 


 
Par Lucas Parax - Publié dans : écouter la musique
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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 11:28

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 Joli ! Chapeau ! Beau coup de maître ! Nicolas Sarkozy, que l’on ne reconnaissait plus comme candidat, tantôt mû par l’improvisation  flagrante de son début de campagne, tantôt apparaissant comme ne plus y croire, revient en force en proposant tous azimuts et en picorant des idées à tout le monde.

Qu’on se le tienne pour dit, le meeting de Villepinte, aussi gigantesque et pompeux fût il, n’a pas révélé un discours mirobolant de la part du Président Candidat. Qu’importe, l’important étant que deux idées soient reprises en boucle : la renégociation des accords de Schengen, et le Buy European Act. D’un côté l’on fait plaisir aux électeurs du Front National, en évoquant une fermeture des frontières, de l’autre, l’on fait directement référence à une idée d’Arnaud Montebourg.

Et le lendemain, rebelote. L’on apprend la création d'un 'impôt lié à la nationalité' pour les exilés fiscaux. Une mesure tout droit extirpée… du programme de Jean-Luc Mélenchon !

Alors là bravo ! Quelle habileté ! Ce n’est plus de la triangulation, à ce niveau, c’est de l’omniscience politique.

chipeur

Nicolas Sarkozy a joué pendant 5 ans à l’hyperprésident, il lui reste 5 semaines pour jouer au multicandidats. Gageons qu’il proposera dans les jours qui viennent une mesure totalement écolo-compatible. Et attendons avec délice qu’il reprenne à son compte l’idée de Jacques Cheminade de créer une atmosphère sur Mars. Nous aurons ainsi le seul candidat qui représentera à lui tout seul l’échiquier politique. De quoi rendre ringard la multiplication des candidatures – et donc la démocratie.

Bien évidemment, il faudra oublier que le Président sortant est comptable d’un bilan désastreux, que la plupart de ses « nouvelles » idées ont été conspués par le même candidat, que l’homme qui se présente aux français n’a aucune colonne vertébrale politique mais se meut avec habileté dans le seul but de se faire réélire, coûte que coûte. Et qu’importe ce que cela coûte aux français.

Par Lucas Parax - Publié dans : Elysée 2012
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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 21:45

 

Où en est on dans cette élection à 48 jours du premier tour ?

Il semble bien que la semaine passée a signé définitivement la défaite de Nicolas Sarkozy, même si quelques éditorialistes croient encore en la semaine de la dernière chance, notamment avec l'émission Des Paroles et des actes, demain soir, et le meeting de Villepinte Dimanche prochain.

Pour autant, l'effet cumulé de la visite dite chahutée à Bayonne, du mépris affiché envers des agriculteurs qui gagnent mal leur vie, plus les bourdes plus ou moins volontaires de ses lieutenants Guéant, sur le Hallal et le droit de votes des immigrés aux élections locales, et de NKM sur le ticket de métro, le président sortant a freiné l'élan timidement gagné de son début de campagne, au pire moment. Le fait que Hollande, dans une séquence sur la forme très sarkoziste, ait lancé son idée de taxer les très très riches à 75%, n'a fait qu'accentuer l'échec de cette pitoyable semaine pour Nicolas Sarkozy.

Une inconnue, toutefois, reste de taille, c'est la possibilité pour Marine Le Pen d'obtenir ses signatures. Un journaliste d'Europe 1 prétend qu'elle les a. L'agence Bretagne presse prétend que c'est fichu. Quoiqu'il en soit, la variable avec ou sans Le Pen, ne risque de jouer que sur le premier tour.

Étant donnée l'écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy sur les sondages du second tour, mais aussi lorsque l'on compare les côtes de popularité et les souhaits de victoire, il faudrait une bourde énorme de François Hollande pour renverser la vapeur.

Et c'est peut-être là le nœud crucial. Perdu pour perdu, les électeurs de droite pourraient changer leur fusil d'épaule. Le seul moyen pour eux de gagner cette élection, est de transformer le Tout sauf Sarkozy en Tout sauf Hollande. Et pour cela, une seule solution : propulser François Bayrou au second tour. Le chemin est long. Comme Bayrou tourne autour de 12-15 %, il n'est pas testé au second tour. On se souvient qu'en 2007, Bayrou a commencé à devenir une hypothèse de second tour pour les instituts de sondage que dans les dernières semaines. Et il y battait d'ailleurs Sarkozy.

Risquons-nous, en 2012, de voir ce scénario à nouveau se produire, mais dans le camp adverse ?
Ce n'est pas complètement impossible, même si l'hypothèse est, j'en conviens, bien hasardeuse.

Et les autres candidats, alors ? Jean-Luc Mélenchon, peut, si l'hypothèse du dessus est invalidée, dépasser Bayrou. Mais il semble difficile pour lui d'aspirer des voix de François Hollande, d'autant plus que ce dernier devient le vilain petit canard des conservateurs européens. Donc moins « marqué idéologiquement » européiste. En faisant de sa cible privilégiée Marine Le Pen, Mélenchon fait en quelque sorte le sale boulot. Il peut aussi motiver des abstentionnistes d'aller voter pour lui. Ce qui en soit serait une réussite.

Eva Joly ? Elle peut très bien se faire dépasser par Corinne Lepage si cette dernière a ses signatures. A -t-on vu seulement une campagne aussi mal fichu ?

Nicolas Dupont Aignan ? Il peut très bien assécher les voix de Le Pen, ou bien les récupérer si (les signatures, encore). A mon avis, son score peut être la surprise de cette élection.

Villepn ? Il fait tout pour ne pas y aller, malgré ses affirmations.

Réévaluation de ces hypothèses, lorsque nous connaîtrons enfin la liste définitive des candidats.

 

Par Lucas Parax - Publié dans : Elysée 2012
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 22:16

 

C'était donc ça ? Les idées révolutionnaires du Président-pas-encore-candidat- mais-bientôt ? Le retour aux « valeurs » traditionnelles de la droite, et pour tout dire, de la Droite Populaire, ce courant de l'UMP qui n'est pas très éloigné du Tea Party américain.

Quitte à contredire ses propos d'avant 2007 (notamment sur le mariage homosexuel et sur le vote des étrangers aux élections locales), Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant, il faut le reconnaître, dé ringardisé la droite, revient vers un courant purement réactionnaire.

Et pour couronner le tout, la grande « trouvaille » de la future campagne UMP, va être la proposition d'au moins deux référendums sur des projets législatifs. La belle affaire !

Et quels référendums ! L'un sur le droit des étrangers, l'autre sur ceux des chômeurs. Si ce n'est pas clivant, ça ! Si l'on n'entend pas déjà les sirènes de la gauche, fustigeant, à juste titre, la stigmatisation de deux catégories de personnes ? Il n'est pas beau mon piège, semble vouloir dire Sarkozy, dans les colonnes de la Pravda-Magazine ?

Peut-être, mais on peut en douter. Cela semble surtout être une grande faillite de la pensée politique.

 

Voterez pour moi, vous voterez pour vous.

C'est, le slogan que pourrait très bien avoir le Président-candidat, pour cette campagne. Il va redonner la parole au peuple, rendez-vous compte Madame Chabot ? Ce sera bien la première fois que l'on voit un candidat hors Fn, demander ses suffrages sur un programme hypothétique. Car si l'on comprend aisément que l'on soumette à référendum une modification de la constitution, un traité européen (pour faire croire qu'il reste un peu de souveraineté), le référendum purement législatif est lui inédit. Et c'est encore plus inédit de le proposer comme thème de campagne ! Car, normalement, en campagne électorale, on propose des lois. Là on propose de soumettre des projets de lois à référendum. S'ils sont refusés, et bien on ne pourra pas dire que le candidat n'a pas tenu ses promesses de campagne. Ca risque néanmoins d'être difficile de gouverner après. Pour un Président qui a une haute idée de sa fonction et de la France, ça me semble très curieux.

 

Une politique de comptoir

Bien évidemment, les chômeurs et les immigrés, ça paye, électoralement parlant. Enfin, ça paye surtout lorsque l'on veut piquer des voix au Front National, surtout si sa candidate est empêchée de se présenter faute de signatures ! On voit bien la manœuvre, racler toutes les bonnes idées reçues que l'on peut entendre au comptoir PMU du coin, ou sur les commentaires du Figaro.fr, mine d'or en ce domaine, et en faire une politique : on aura rarement vu moins sérieux. D'autant que, pour créer un bon climat délétère en son pays, bien monter les français les uns contre les autres, il n'y a pas mieux. On l'a vu lors du référendum sur le TCE en 2005, les débats étaient déjà très animés un peu partout : que dire lorsque ses propres indemnités chômage seront en jeu ? Pour demander un effort national, il y a des chemins moins tortueux que diviser le peuple.

 

Nicolas Sarkozy compte-t-il réellement gagner avec cette stratégie ? ou n'est-ce là que le signe de la fin, un dernier va-tout compulsif qui  fera de lui un vaincu, certes, mais un vaincu qui se sera battu avec ce qu'il a toujours su faire : que l'on parle de lui.

 

Par Lucas Parax - Publié dans : Elysée 2012
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 21:56

Une chose semble certaine dans cette campagne : l'outrance sera de rigueur. La stratégie de l'UMP et du futur candidat est claire : faire sortir les socialistes de leur gonds, pour dire après qu'ils perdent leur nerfs.

On ne revient pas sur l'épisode d'hier à l'Assemblée Nationale, elle a déjà été largement commentée. Sur le fond Serge Letchimy a raison, comme le démontre Bruno Roger-Petit ici. Sur la forme, l'on peut être plus circonspect. La référence au nazisme n'est pas dénuée de fondement, mais prononcer le terme même de nazisme, qui plus est à l'Assemblée Nationale, donne en premier lieu, et encore plus de nos jours, l'impression, je dis bien l'impression, que la parole est outrée.

Et c'est justement ce que veulent les représentants de l'UMP. Une chance pour les socialistes : Hollande reste impassible, même quand il reçoit de la farine sur la tête. Il veut montrer qu'il sera un Président différent de Sarkozy, un Président qui maîtrise ses nerfs. On pourrait dire un Président normal, mais maîtriser à ce point là, ce n'est pas si normal que ça, tant s'en faut. Mais ça, peu s'en apercevront.

Toujours est-il, que les semaines qui viennent risquent d'être hautes en couleur, comme on dit. On peut compter sur Claude Guéant, Nadine Morano et Jean-François Copé pour donner de la pâtée à tous les indignés que nous sommes, et qui s'énervent sur la twittosphère (et dont je fais partie).

Mais celui qui sera le Maître en la matière, sera Nicolas Sarkozy himself. Les rumeurs sur le lieu de premier meeting, des fuites de journalistes prédisant l'annonce de 3 référendums dont un sur les allocations chômage, laissent penser que la campagne du candidat UMP risque de ressembler à un grand n'importe quoi, avec des propositions tous azimuts, toutes aussi iconoclastes les unes que les autres, mais qui vont aller titiller l'indignation du camp adverse.

Or, même si Stéphane Hessel a vendu des millions d'exemplaires de son livre, ce n'est pas l'indignation qui fera l'élection, sauf si elle est transformée en propositions. C'est ce qu'a bien compris Jean-Luc Mélenchon, qui est resté assez mesuré sur les propos de Claude Guéant (tout en le traitant de nul, au fond). C'est ce que semble aussi avoir compris François Hollande, même s'il n'est pas toujours clair dans ses propositions. En revanche, les troupes socialistes, qui restent très audibles, auraient intérêt à mettre la pédale douce sur la posture, et lancer eux-mêmes les débats. Agir plutôt que réagir. Car là est le piège que va vouloir tendre Nicolas Sarkozy.

Par Lucas Parax - Publié dans : Elysée 2012
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